communiquer

Comment communiquer en temps de COVID ?

Communiquer s’avère cruciale alors que l’incertitude règne et l’annonce du report de nombreux salons mode n’incite pas à la confiance. Pourtant, il n’a jamais été aussi important de s’exprimer. Traditionnellement, le mois de septembre est marqué par ces foires professionnelles qui sont l’occasion de rencontrer vos clients ou prospects et surtout un bon moyen de communication.

Bref, ce temps est révolu pour un petit moment. Pour info, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a précisé qu’ils allaient devoir lutter contre le COVID pendant au minimum pendant 2 ans, voir l’article ici.

En  d’autres termes, en attendant il va falloir communiquer et voilà mes petits conseils.

1/ Communiquer autrement : intensifier votre présence sur les réseaux sociaux

Tout d’abord, si vous ne deviez faire qu’une seule chose c’est d’investir au sens propre du terme l’univers digital. Ainsi, vous regardiez d’un coin de l’oeil distrait les pages LinkedIn et vous scrolliez sur Instagram pour comprendre les dernières tendances. Et bien, maintenant il va falloir agir. Dorénavant, vous allez devoir vous y coller. Cela signifie tout simplement créer du contenu et surtout vous exposer.

Et, là vous allez dire comme Anna Karina dans Pierrot le Fou « Qu’est-ce que je peux faire ; je sais pas quoi faire ? ».

Effectivement, créer un page Instagram c’est bien mais après il va falloir l’alimenter. En d’autres termes, poster du contenu intéressant.

Tout d’abord, je vous recommande de regarder les pages de comptes qui vous intéressent afin d’analyser comment ils communiquent. Par exemple, en ce qui me concerne je suis fan de VogueTurfu car j’ai l’impression de retrouver un certain quotidien. Cela signifie qu’elle a su adopter un ton décalé qui me parle de moi (en tout cas, j’en ai l’impression).

 

En fait, il n’existe pas de secret, la communication reste la même quel que soit le support. Ainsi, il convient d’éviter d’être autocentré. C’est pourquoi, les photos de votre catalogue produit ou le partage sur vos collègues qui sont plus incroyables les uns que les autres c’est au mieux ennuyeux, au pire contre-productif.

Par contre, je vous invite plutôt à publier, dans un premier temps ce qui vous inspire ou ce que vous aimez. Avec le temps, vous allez affiner votre style ; vous allez également vous tromper mais cela fait partie du charme du voyage. En revanche, si vous ne postez pas, il ne va rien se passer 😉

Ainsi, il convient d’essayer, de prendre des risques et surtout de ne pas être ennuyeux. Si vous trouvez du plaisir dans vos publications, étonnamment cela va se voir et va attirer le regard.

2/ Se lancer

Comme c’est la rentrée et que vous avez fait le plein de vitamines C et surtout vous êtes motivés. Malheureusement, au bout de quelques semaines vous allez voir que les résultats ne sont pas forcément à la hauteur. Forcément, vous n’allez pas devenir un professionnel des réseaux en quelques semaines. C’est pourquoi, il va falloir s’accrocher mais je vous promets que cela va porter ces fruits. Oui mais quand ?

 

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La réponse qui s’avère la plus sensée est que cela arrivera quand cela arrivera. Bien évidemment, vous gérez un business et vous avez besoin de résultat rapide ainsi que de répercussion financière.

C’est pourquoi, cette stratégie de content marketing fonctionnera uniquement quand vous arriverez à solutionner les problèmes de vos clients avec vos produits (là, je cite Stephen Covey avec son livre « les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent« ). Et non pas en essayant de refourguer vos produits et services de manières indifférenciées.

3/ Être singulier

Je vais le redire mais éviter d’être chiant. Personne ne veut bosser avec quelqu’un d’ennuyeux ou de pompeux. En revanche, si vous arrivez à articuler une pensée originale dans un univers mode qui se prend trop au sérieux peut-être que vous trouvez votre voie.

À titre d’exemple, notre cher Simon Porte Jacquemus a su démontrer une subtile liberté de ton, agrémentée du soleil marseillais. Tout cela lui a permis d’agréger une belle communauté. Mais surtout, ce que je retiens c’est que malgré le succès son compte Instagram (2,7 millions d’abonnés) reste un modèle de légèreté et d’inspiration pour communiquer.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

PATES BEURRE

Une publication partagée par JACQUEMUS (@jacquemus) le

 

4/ Produire, produire, produire pour communiquer

Si je devais tenter une comparaison, les réseaux sociaux ressemblent à une autoroute en France un 14 juillet. En d’autres termes, il va y avoir des bouchons. C’est pourquoi, pour arriver à émerger, il n’y a pas 10 000 solutions. Vous allez devoir produire du contenu de manière frénétique. Pour vous donner  une idée de ce qu’il faut faire, je vous recommande de lire une source d’inspiration qui s’avère également un entrepreneur de génie : Gary Vee.

Dans l’article du lien précédent, il préconise de créer « micro-tenu ». Ainsi,  d’une même vidéo de sa chaîne Youtube, son équipe va réaliser des posts ou mini-vidéos pour Instagram, Facebook ou Tweeter. Bref, sa team a produit plus de 30 contenus différents pour un résultat de 35 000 000 de vues.

 

Bien évidemment, vous ne pouvez pas en réaliser autant. Pourtant, vous pouvez d’un article de blog, par exemple, en tirer deux ou trois citations que vous pouvez mettre en image sur Instagram ou simplement les partager sur Twitter.

Si vous décidez de vous lancer dans la création de podcast ; de la même manière, vous pouvez extraire certains passages courts (10 secondes maximum) puis les mettre en image et en son avec un outil comme Wavve afin de pouvoir le publier sur Instagram.

5/ Le mot de la fin

Mon cher ami Danton, qui a fini sur une guillotine, me disait souvent « il faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace et la France sera sauvée ! ».

En d’autres termes, prenez des risques et surtout soyez vous-même afin de communiquer de la meilleure des façons !

Prenez-soin de vous et à très vite.

#MyFashionTech #FashionTech

Article initialement publié le 31 août 2020.

Vous souhaitez creuser le sujet. Ainsi, je vous recommande fortement d’écouter le podcast que j’ai réalisé avec Vadim de l’agence Spirit et Spirit où il m’explique comment l’art aide les marques à se sublimer, pour l’écouter c’est par ici.

Fabrice

Fabrice Jonas est le fondateur de Myfashiontech. Il écrit sur l'innovation au service de la mode et comment celle-ci peut rendre la mode plus durable.
Enfin, il couvre de nombreux évènements fashiontech en France et à l'étranger comme Gitex, ChangeNow Summit, Fashiontechdays ou le Salon Traffic.


François-Xavier Goemaere

François-Xavier Goemaere : Skyboy

Pour ce neuvième épisode du podcast Innovation Mode, j'ai eu le plaisir d'échanger avec François-Xavier Goemaere, co-fondateur de Skyboy. Cette startup, incubée par La Maison des Startups de LVMH, propose une solution de réalité augmentée (AR) afin de rendre plus attractive l'expérience en magasin et surtout générer de l'émotion.

Pour arriver à cela, ils ont développé une technologie qui s'appelle l'overlap reality qui permet de rajouter de la qualité cinématographique à l'AR. C'est pourquoi, pour voir le résultat, je vous recommande de jeter un coup d'oeil à la vidéo ci-dessous :

François-Xavier Goemaere : l'exigence de la réalité augmentée.

Durant notre échange, François-Xavier revient sur la manière dont Skyboy collabore avec les marques de mode et maisons de Luxe.

En effet, pour son équipe qui vient du monde de la culture, l'univers textile a été un terrain de jeu formidable d'expérimentations. Mais surtout il retient que la particularité de ces grandes maisons s'appelle l'exigence. À cet égard, les temps de décision peuvent être long. Par contre, une fois la décision prise, les moyens s'avèrent généralement au rendez-vous ce qui permet de développer un univers de marque singulier.

L'Overlap Reality : un outil de storytelling pour le développement durable

Aujourd'hui les questions environnementales deviennent bien plus qu'une nécessité pour l'écosystème mode. En revanche, celui-ci a généralement des difficultés pour l'expliciter. Typiquement, il lui est difficile de projeter ses consommateurs au coeur de sa chaîne de production. Alors que Skyboy avec l'aide du smartphone permet d'utiliser la réalité augmentée pour emmener le client vers un autre monde, une autre réalité. À l'intérieure de cette dernière, une personne pourra dire mais surtout comprendre tous les efforts qui ont été déployés par la marque.

Enfin, si le consommateur trouve ce contenu positif, il peut également le partager avec son réseau. Et, ainsi, devenir lui-même l'ambassadeur de cette marque auprès de sa communauté !

Profitez-bien !

#FashionTech #MyFashionTech
Si cet épisode vous a plu et que vous souhaitez en savoir plus sur le monde de la culture, de l'innovation et la technologie, je vous recommande d'écouter mon entretien avec Vadim Grigoryan de Spirit & Spirit, juste ici.

Transparence

Transparence et mode : une histoire contrariée.

Selon la Changing Markets Foundation (CMF), 72% des consommateurs estiment que les marques sont responsables de ce qui se passe durant la production. Cette prise de conscience incite plus en plus de marques à s'engager sur la voie de la transparence. Ainsi, elles tentent d'expliquer leur manière de produire. Par exemple, d'où vient la matière première et dans quelle usine votre pull est fabriquée.

Dès lors comment peut-on précisément définir la transparence ?

A la place de transparence, j'évoquerais plutôt le terme d'éthique de travail. En effet, être transparent signifie tout simplement expliquer ce que l'on réalise (plus ou moins en détail mais j'y reviendrai). Tandis que la notion d'éthique renvoie à la manière de le faire. En d'autres termes, le consommateur souhaite uniquement qu'on prenne en compte ses aspirations au-delà du marketing de la marque. Ainsi, la transparence s'inscrit plutôt comme une démarche de communication.

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La transparence comme modèle d'évangélisation auprès de son client.

Lorsqu'on évoque le principe de transparence, il convient bien évidemment de savoir jusqu'où on va dans la communication.

A titre d'exemple, je suis un grand fan de Buffer, la plateforme de partage sur les réseaux sociaux. En effet depuis sa création, elle a toujours mis en avant son exemplarité en matière de transparence. C'est pourquoi, sur son site vous pouvez trouver les :

  • Salaires de tous les membres de l'équipe,
  • Revenues de Buffer,
  • Emails pour l'ensemble de l'équipe (uniquement en interne),
  • Répartitions des capitaux propres,
  • Détails des levées de fonds et sa valorisation.

Pour résumer, cette démarche, au-delà de l'aspect communication, permet de développer un écosystème sain et durable pour leurs employés, collaborateurs, clients et investisseurs. A cet égard, ils ne sont pas juste "une startup" mais une entreprise qui souhaite avoir un impact sociétal. En outre, ils s'inscrivent sur la durée, notamment grâce à une croissance maitrisée.

Pour la petite histoire, en interne, il y a eu une divergence de points de vue concernant cette fameuse croissance. En effet, d'un côté, Joel Gascoigne, le CEO, voulait une croissance gérable tandis que les deux autres cofondateurs plaidaient pour une croissance beaucoup plus rapide. Finalement, ils ont évoqué le sujet avec l'ensemble des employés. Et, par une décision collégiale, ils ont décidé de suivre le chemin de leur CEO. Ce qui a conduit au départ des autres cofondateurs.

Un autre exemple de leur démarche de transparence concerne leur prix. Ainsi, ci-dessous, vous pouvez découvrir le détail du coût de leur produit et combien il est vendu :

Buffer trasnparence
@buffer

Au niveau mode, je vous invite également à jeter un coup d'oeil à celui de la société Everlane, créée en 2010 et qui a réalisé 40 millions de revenue en 2017. A l'origine, la startup californienne s'est développée uniquement sur le web. Puis a commencé à ouvrir des magasins physiques, le premier en 2017 à New-York puis à San Francisco.

transparence
@Everlane

 

Ces deux méthodes de communication similaires ont un même objectif : créer un lien de confiance avec son consommateur. Ainsi, ce dernier se sent impliqué dans la vie de l'entreprise et développe un sentiment affinitaire. Et, il n'est plus seulement un consommateur mais une partie prenante.

Cependant une question, à la limite philosophique, se pose "a-t-on le droit de tout dire ?" ou plutôt "doit-on tout dire ?".

Quelle limite a la transparence ?

Un certain Georges Orwell, l'auteur britannique du roman 1984, serait dubitatif sur ce principe de transparence. A force de vouloir tout dévoiler, nous rentrons dans une ère de la surveillance. Et, il devient alors suspect de ne pas montrer ou de se montrer. En d'autres termes, le principe de transparence devient un idéal vers lequel chaque marque doit tendre. Ainsi, les réseaux sociaux en sont le parfait exemple. Aujourd'hui, il s'y joue une guerre de l'image où il devient plus simple de regarder un défilé sur Instagram qu'assis au premier rang selon Alexandre de Betak (dans le podcast Fashion No Filter), qui a organisé plus de 1 500 défilés en 25 ans de carrière.

Cette surabondance des images, notamment des coulisses et aftershows, appauvrie les récits car ceux-ci sont avant tout basés sur l'imaginaire. En d'autres termes, si tout le monde accès à tout, cela n'a plus de valeur.

Dorénavant, le mystère ou le secret n'a plus sa place. En novembre dernier, lors des Fashion Talks, auxquels j'assistais, Raf Simons regrettait cette intrusion permanente. En effet, il revenait sur le fait que les journalistes et influenceurs voulaient de manière systématique avoir accès à son travail en cours. Et, lui voulait simplement travailler.

Dès lors une marque de mode peut-elle se construire dans une démarche d'une transparence limitée ?

Cela renvoie à mon article précédent sur le minimalisme que vous pouvez lire ici. Ainsi, se concentrer sur l'essentiel devient vitale dans une société maximaliste (trop plein d'images, de communication, d'informations, de loisirs...). Montrer juste ce qui s'avère nécessaire procure bien plus de valeur. En outre, si vous réalisez des produits qui selon vos standards respectent la planète, vous n'avez pas forcément besoin d'en parler tout le temps. Bref, expliquer ne signifie pas se justifier. Ainsi, je vous recommande de regarder la vidéo de Bonne Gueule "Ethique et Environnement". Dans laquelle Geoffrey explique concrètement ce qu'ils ont réalisé et tout le chemin qu'ils leur restent à parcourir.

Dans ce sens, le compte instagram de l'artiste italien Maurizio Cattelan est également un modèle du genre en matière d'essentiel. En effet, il publie une image par jour qu'il remplace le jour suivant par une autre (The single post instagram). Bref, une seule et unique image : Less is beautiful.

Enfin, il me semble possible que le principe de transparence invite les marques de mode à s'interroger sur leurs pratiques (délocalisation, volume par les coûts...) et à une certaine retenue. Cela permettra de réintroduire de la valeur pour le produit en lui-même et non plus pour le système marketing qui l'entoure. Et, donc de réallouer les budgets sur ce qui fait le coeur de la mode : le vêtement.

Article écrit le 20 janvier 2019.

#Myfashiontech #Fashiontech

Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous recommande les articles suivants :

 


William Fauchoux

William Fauchoux : Blockchainyourip

Pour ce 8ième épisode d'Innovation Mode, j'ai dialogué avec William Fauchoux, co-fondateur et CEO de Blockchainyourip.

Spécialisé dans le droit des affaires, William a créé sa startup quasiment juste après ses études. En effet, il voulait développer une solution simple permettant de protéger la création tout au long de son processus et non pas uniquement lorsque celle-ci est achevée. En effet, actuellement il convient de conserver la preuve. Or, trop souvent les créateurs ne le font pas.

William Fauchoux : l'agitateur de la blockchain

Aujourd'hui, la technologie blockchain promet de protéger de manière facile les créations et innovations. William Fauchoux explique que "Au-delà de l'aspect technologique, cette innovation technologique rompt également avec l’approche classique de preuve a posteriori". L'avantage d'un système comme Blockchainyourip s'avère double. Tout d'abord, le coût de dépôt reste minime. Ensuite, la preuve de dépôt a un caractère international. En utilisant le protocole bitcoin, le dépôt de la preuve ne s'effectue pas sur un serveur centralisé qui pourrait prendre feu durant la nuit mais chez 30 000 personnes qui ont un intérêt financier pour cette norme.

Par ailleurs, rapidement blockchainyourip a travaillé avec un groupe de luxe qui leur a permis de monter en gamme. Et, aujourd'hui l'enjeu principal de la jeune pousse est de standardiser leurs processus. Par contre, il souligne le fait que la maison de luxe reste sur des temps longs tandis qu'une startup peut disparaître du jour au lendemain à cause d'une trésorerie défaillante. C'est pourquoi, Blockchainyourip a privilégié une solution Open Source et le fait que leurs clients puissent avoir accès à l'ensemble de leurs données indépendamment de la startup.

Enfin, William plaide pour un protocole unique et standard de la blockchain au lieu de norme privée. Et, le bitcoin reste, pour lui, le meilleur candidat.

Pour résumer, William Fauchoux se veut le promoteur d'une legaltech au service de la création.

Profitez-bien !

#MyFashiontech #Fashiontech

Si vous avez apprécié cet épisode, je recommande de découvrir également ceux, juste ci-dessous :


Vadim Grigoryan

Vadim Grigoryan : Spirit & Spirit

Pour ce 7ième opus du podcast Innovation Mode, j'ai eu le plaisir d'échanger avec Vadim Grigoryan de Spirit & Spirit. Né à Bakou, Vadim a étudié la robotique à l'Université technique d'État de Moscou. Il a également un diplôme de troisième cycle en gestion à l'INSEAD Business School.

Sinon, la première fois où j'ai rencontré Vadim cela a eu lieu lors de l'Arab Luxury World en 2018. Et j'avais été frappé par son cosmopolitisme doublé d'une érudition artistique. C'est pourquoi, j'ai voulu continuer notre dialogue autour d'un micro.

Vadim Grigoryan : un passeur d'art.

Durant notre échange Vadim Grigoryan a souligné l'importance des collaborations entre marques de mode et artistes. En effet, pour lui, il s'avère essentiel de passer du temps avec des artistes locaux afin de connaître avec précision un écosystème dans toute sa singularité.

Aujourd'hui, les marques de mode multiplient les collaborations dans le but d'acquérir de nouvelles communautés de consommateurs. Et, souvent, elles oublient l'essence même d'un artiste : la création. A cet égard, travailler avec un artiste permet d'éveiller de nouvelles dimensions dans une entreprise qui peuvent être culturelles, sociales ou organisationnelles. Le travail du créateur sur le sensible, voire l'invisible, dévoile des dimensions insoupçonnées.

Par ailleurs, pour le consommateur ce lien entre art et mode lui permet d'envisager sa relation avec la marque sous un nouvel aspect celui de la transcendance. Ce lien dépasse alors l'affect pour devenir émotionnel.

Pour résumer, Vadim a un rôle de passeur entre l'art et la sphère mode afin de démultiplier la valeur perçue de cette dernière.

Profitez-bien !

 

#Myfashiontech #Fashiontech

Article publié le 9 janvier 2020

Ressources supplémentaires

Si ce podcast vous a intéressés je vous recommande chaudement les épisodes suivants :


Startup fashiontech

Les startups fashiontech entre croissance et durabilité.

Avec l'avènement de la Frenchtech, nous avons vu se démultiplier les startups fashiontech. Avec notamment de belles réussites en matière de rachat comme Retviews ou Daco (toutes les deux s'occupent de benchmark concurrentiel). Elles ont été respectivement acquises par Lectra et Vente-Privée. Sinon, il y a également Kronos Care, sur le suivi post-achat, qui a atterri chez Narvar.

Dans un autre style, Euveka a développé un mannequin-robot évolutif et connecté. Cette société emploie aujourd'hui une cinquantaine de personnes. Heuritech permet de prédire les tendances via une intelligence artificielle. Celle-ci a effectué, en septembre dernier une levée de fonds (pour 4 millions) afin de soutenir son développement international. Cypheme, quant à eux, ont directement levé 1 million d'euros pour créer, eux aussi, une intelligence artificielle mais pour lutter contre la contrefaçon.

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Des startups fashiontech en recherche de croissance

Ces startups ont en commun d'avoir une offre BtB et de se focaliser sur une croissance ultra-rapide pour être rachetées ou lever des fonds rapidement. C'est pourquoi, elles recherchent à collaborer avec un maximum de marques de mode pour étoffer leur cas d'usage. Et bien évidemment, elles espèrent signer avec un groupe de luxe pour démontrer leur savoir-faire et également leur intelligence business.

Côté maisons de luxe, elles essayent de repérer les jeunes pousses les plus prometteuses qui pourraient résoudre les problématiques de leurs marques. Ainsi, pour s'assurer de détecter les startups les plus pertinentes, LMVH a même créé son propre incubateur "La maison des startups"  dans la mecque des lieux innovants : Station F. En plus de l'incubation, le groupe de Bernard Arnault, via Les Echos, organise une fois par an Vivatech qui est devenu le rendez-vous incontournable de l'innovation en Europe. Lors de cet événement, le groupe de Luxe en profite pour mettre en valeur ses startups incubés et se positionne comme l'acteur luxe de l'innovation.

Pourquoi aujourd'hui, un tel rapprochement entre groupes de luxe et startups ?

Il y a environ 5 ans, les groupes de luxe ont enfin pris conscience des enjeux du digital. Et pour cela ils se sont assurés de recruter ceux qui avaient réussi dans ce domaine. Ainsi, Ian Rogers (ancien de chez Apple) est arrivé chez LVMH en 2015 comme Chief Digital Officer (CDO) tandis que Grégory Boutté (qui a dirigé Ebay) a rejoint Kering en 2017 sur un poste similaire. Tous deux viennent du monde du numérique et ne connaissaient pas l'univers du luxe à la base. Pour l'anecdote, le CDO de LVMH a débuté sa carrière comme webmaster du site des Beastie Boys.

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Le monde du luxe a compris que pour se transformer (et continuer à assurer sa croissance), il lui fallait incorporer de nouveaux codes et usages.

De manière similaire lorsque le streetwear a émergé, Louis Vuitton a débauché Virgil Abloh pour intégrer sa vision de la rue à celle du luxe. Par essence, ces groupes ne viennent pas en avance de tendances mais plutôt en réaction lorsqu'un marché commence à être mature. Dès lors, ils mettent en oeuvre leur savoir-faire et surtout leur puissance financière.

Des startups tech mais aussi durables

En parallèle de cette tendance startups grands groupes, nous voyons également des jeunes entreprises qui ne courent pas après la croissance mais qui au contraire questionnent cette notion même de croissance (voir mon article sur la question ici). A cet égard, Loom, la marque de mode écoresponsable par excellence s'avère assez emblématique de même que Clear Fashion qui se définit comme le Yuka de la mode. 

A la différence des startups précédemment citées, celles-ci servent avant tout le consommateur ou plutôt le citoyen. Ainsi, elles se polarisent d'abord sur une posture et ensuite sur une mise en oeuvre plutôt que sur une technologie.

Pourquoi un tel choix ?

Justement car elles interrogent la manière dont une entreprise réalise de l'argent. En ce sens, pour elles, il s'avère difficile voire impossible de travailler avec un groupe de luxe car cela irait à l'encontre de leur ADN. Elles se positionnent en alternative à un système mode basé sur les volumes. C'est pourquoi, elles se définissent généralement comme activistes. A cet égard, elles sont là pour initier un changement sociétal qui peut être local ou global.

Dans le prolongement de cette réflexion, lors des Fashiontechdays 2019 à Roubaix, j'ai pu interroger Thomas Huriez de 1083. Et, je lui ai demandé s'il avait fixé en interne un plafond de croissance. Pour lui, la question ne pose pas de cette manière. Il estime qu'il convient plutôt de réaliser des produits du mieux possible afin qu'ils durent le plus longtemps possible. Cela renvoie au postulat d'une croissance maîtrisée qui doit avant tout servir des intérêts sociétaux au lieu d'intérêt capitalistique. Bref, l'humain doit être au centre et non pas le profit.

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L'investissement dans les startups doit être également remis à plat.

L'économiste Julia Cagé a travaillé sur des modèles alternatifs, particulièrement sur l'économie des médias, qui ont connu des pertes de revenues importantes à cause du digital. En effet, ils ont eu des difficultés pour se transformer. Ainsi, elles plaident pour des modèles de financement qui mélangent le privé et le public.

Par exemple, le journal "Le Monde" l'a déjà expérimenté en créant une société des lecteurs, une association de soutien au quotidien. L'intérêt vient du fait qu'avec ce type de structure mettre un euro ou dix mille équivaut à avoir une seule voix. A la différence des organisations capitalistiques traditionnelles dans lesquelles plus on investit plus on obtient de part. Cela permet tout simplement d'équilibrer les pouvoirs et pour un journal de conserver son indépendance.

Ainsi, nous pourrions imaginer une entreprise de mode avec d'une part des fonds privés qui investissent dans un but pur de rentabilité (maitrisé). Mais également avec un comité de décision avec des clients/consommateurs/citoyens qui participent de manière effective. A cet égard, Bonne Gueule a commencé à l'effectuer en intégrant ses meilleurs clients à ses choix de création et production.

Cependant, ce type d'initiative ne peut venir que de startups qui se sont développés via leur communauté. Tandis que pour une marque plus traditionnelle ou de luxe cela semble difficile à mettre en place. En effet, l'engagement du consommateur s'avère beaucoup plus versatile.

La vraie innovation c'est l'indépendance

Enfin, afin de rester parfaitement indépendant, comme peut l'être Patagonia, le système de crowdfunding reste le modèle le plus vertueux. Car il intègre directement le consommateur. Et, il devient alors partie prenante de l'entreprise et favorise sa croissance. Loom, encore une fois, l'a expérimenté avec succès. C'est pourquoi, je vous recommande chaudement de lire leur article "pourquoi nous ne serons jamais une startup".

Ainsi, aujourd'hui, la vraie innovation, pour nos startups fashiontech, serait de rester indépendante. Mais surtout d'inventer des modèles de revenues au service de la société.


Livres 2019

Les 5 livres innovation mode à lire en 2020.

Pour commencer cette nouvelle année, j'ai décidé de vous partager les cinq livres innovation mode qui m'ont le plus marqué. Dans cette sélection, vous trouverez aussi bien des ouvrages sur la productivité, la décroissance, le minimalisme, la fashiontech ou également comment retrouver une forme de concentration.

Ainsi, ce qu'ils ont tous en commun c'est une approche différente sur comment améliorer la société, l'individu et l'entreprise. Je vous donnerai également des clefs pour que vous les appliquiez à vos business mode.

 

Livres innovation mode
Atomic Habits

Sûrement mon livre préféré que j'ai dû relire au minimum 5 fois. Pour James "nos habitudes sont façonnées par nos systèmes de représentation". Celles-ci se définissent comme des actions que nous répétons de manière automatique sans y penser. Par exemple, se laver les dents ou bien écrire tous les jours. Dès lors, ils s'interrogent sur la façon dont nous pouvons développer de nouvelles bonnes habitudes (aller à la gym) ou supprimer de mauvaises (arrêter de fumer).

Par exemple, si vous voulez être plus en forme; aller à la gym peut être une belle idée. Pour James, la répétition est essentielle. A cet égard, commencer par s'y rendre juste 5 minutes tous les jours enclenche un cercle vertueux. Et une fois que vous l'avez automatisé vous pouvez rester une minute de plus. Un de ces conseils principal pour progresser est de se challenger à hauteur juste de 1% afin d'éviter l'ennui ou l'échec.

Concernant nos marques de mode qui cherchent à devenir plus vertes elles peuvent bien évidemment l'appliquer. Imaginons que précédemment, elles pensaient que produire en Chine c'était cool et que maintenant elles réalisent que produire localement pollue moins (chacun son rythme d'apprentissage). Elles peuvent s'engager sur une production locale à hauteur de 5% le premier mois et chaque mois elles rajoutent 5%. De cette manière au bout de 2 ans elles se seront complètement transformées : une belle utopie réalisable ;-)

Livres innovation mode
Company of one

Dans cet essai Paul remet en question la notion même de croissance qui a bercé la société occidentale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dont le plus bel exemple vient de nos chers startups avec le concept d'hypercroissance. En effet, nous avons été abreuvé par cette idée que la croissance s'avérait l'horizon ultime avec une horde d'employées et un chiffre d'affaires qui double chaque année, dont Gucci en est le parfait exemple.

Or, pour lui il convient plutôt de s'interroger sur comment nous voulons faire de l'argent et non sur combien nous voulons. C'est pourquoi, Paul estime que rester petit s'avère une nécessité essentielle dans un contexte de plus en plus incertain.  En effet, cela permet de garder une flexibilité incroyable et de s'adapter à quasiment toutes les situations.

Essentialism
Essentialism

Ce livre de Greg Mc Keown s'avère un complément primordial au précédent. Aussi bien dans la vie personnelle que professionnelle, il promeut une simplification. Il développe ainsi le concept d'essentialisme qui se définit comme l'art d'aller au principal. En d'autres termes, délaisser tout ce qui ne sert pas votre ambition ou plutôt votre projet de vie.

Pour lui, "les essentialistes passent autant de temps que possible à explorer, écouter, débattre, questionner et réfléchir. Mais leur exploration n'est pas une fin en soi. Le but de l'exploration est de discerner le petit nombre vital du nombre trivial". C'est pour cela qu'apprendre à dire NON s'avère une nécessité mais surtout une discipline.

Patagonia l'a parfaitement compris et surtout appliqué en développant des vêtements qui servent l'individu tout en préservant la planète. Ils refusent ainsi cette course effrénée à la croissance. Et leur publicité "Don't buy this jacket" en était le parfait exemple.

L'essentialisme se rapproche également du minimalisme que je vous invite également à explorer dans mon article sur le sujet juste .

Livres innovation mode
Unfolding FashionTech

Dans son dernier opus, Marina dresse le portrait de la scène fashiontech de ces vingt dernières années. Elle estime que la promesse d'une mode intégrant la technologie n'a pas été tenue. Nous portons toujours des vêtements qui trouvent leur origine dans les années 50.

Néanmoins, pour dépasser ces contingences techniques, elle préconise des synergies pluridisciplinaires entre designers, chercheurs et marketers. En outre, l'éveil de la conscience environnementale du secteur de la mode s'avère une formidable opportunité pour accélérer l'innovation mode.

Pour en savoir plus ce livre absolument captivant, je vous invite à lire mon article sur ce livre ici.

Deep work
Deep work

Enfin, Cal Newport s'intéresse à l'économie de l'attention et à la manière dont nous pouvons récupérer notre capacité de concentration. Aujourd'hui, avec la diffusion d'internet, nous sommes continuellement connectés et surinformés. Et pour performer à haut niveau ce qui fait la différence c'est notre capacité à maîtriser de nouvelles connaissances.

Ainsi, pour retrouver une certaine forme d'attention, il estime que la technologie doit être à notre service et non pas que nous y soyons asservis. Il suggère donc une détox pendant 30 jours d'éléments digitaux (réseaux sociaux, site web...) pour ensuite les réintroduire progressivement. De cette manière, vous pourrez savoir s'ils sont réellement utiles dans notre vie.

Une question se pose alors, l'industrie de la mode  peut-elle se passer d'Instagram pendant 30 jours ?

Bref, je serai plus que curieux de voir le résultat ;-)

Enfin, dites-moi quels livres innovation mode vous ont le plus marqué cette année ?

#Myfashiontech #Fashiontech


Unfolding FashionTech

Unfolding Fashion Tech: Pionners of Bright Futures

Lors de mon séjour à Anvers pendant les FashionTech Works, j'ai eu le plaisir de recroiser Marina Toeters. Pour moi, elle a été une pionnière comme Fashion Tech designer. Et surtout, elle est une fervente promotrice de l'écosystème innovation mode.

A cet égard, quand nous nous sommes de nouveau croisés, elle venait juste de publier son nouveau livre "Unfolding Fashion Tech: Pioneers of Bright Futures". Dans lequel, elle a pour ambition de dresser un état de la Fashion Tech à travers 50 projets sur les 20 dernières années. Forcément, je l'ai lu avec attention et voici ce que j'en ai retenu.

Unfolding FashionTech
@onomatopee

La Fashion Tech : une promesse non tenue

Dans son préambule Marina rappelle qu'avec l'arrivée de nouvelles technologies, comme l'impression 3D ou l'intelligence artificielle, nous espérions que la mode allait enfin ressembler aux films de science-fiction. Blade Runner ou Stars Wars étaient à porté de mains. Or, finalement nos vêtements s'apparentent plus au moins à ce qui existait dans les années 50.

Dès lors, comment pouvons-nous passer d'un champ d'exploration, plutôt académique, à des modèles grands publics ?

Ainsi, en premier lieu, il convient bien évidemment de délimiter le champ de la Fashiontech. A cet effet, Marina précise qu'il n'est pas homogène mais que "C'est un point de jonction entre des personnes, des designers et des entreprises de différentes disciplines, des pionniers déterminés à innover pour le mieux". En d'autres termes, une rencontre à partir duquel un groupe d'acteurs souhaite créer et bouleverser les codes de l'industrie mode.

A cet effet, Ben Wubs, professeur à l'Université Erasmus International de Rotterdam plaide, face à une telle complexité, une action politique transnationale. Les initiatives telles que les Fashiontech works permettent une première mise en lien. A mon sens, pour aller plus loin, ces actions doivent se coupler avec le privé notamment en développant des liens forts et structurants entre grands groupes, startups et structures publics. C'est pourquoi, je suis un fervent défenseur du duo privé/public qui permet d'équilibrer un rapport de force où la vision mercantile se lie avec une collaboration vertueuse. Cela permettrait à des compétiteurs de pouvoir collaborer ensemble pour imaginer un futur commun.

Cependant avant de pouvoir se projeter, un bilan s'impose sur la manière dont les projets fashiontech ont été réalisés.

Unfolding FashionTech
@onomatopee

Des projets Fashion Tech arty comme facilitateurs

Ainsi, s'agissant des expérimentations qui ont été développées au cours de ces vingt dernières années, Pauline van Dongen et Oscar Tomico s'interrogent sur le rôle du designer. Pour eux, "le défi pour les créateurs est de trouver des moyens de faire face à ce degré d'incertitude et de créer des vêtements qui permettent une certaine fluidité". Ainsi, ils encouragent les lecteurs de ce livre à s'interroger. Notamment sur "comment le port d'un vêtement particulier peut influencer votre expérience et votre perception du monde ou comment cela peut changer vos actions". Cela renvoie à la démarche postphénomélogique, initiée par le philosophe Don Idhe. En effet, celui-ci estiment que les technologies doivent être envisagées comme des médiateurs entre les être humains et leur écosystème.

De manière concrète, notre duo des chercheurs prend l'exemple d'une cellule solaire qui ne peut être comprise uniquement sur ses capacités fonctionnelles. Mais doit être également envisagée au niveau de sa matérialité car chaque cellule s'avère différente. Le vêtement a alors un rôle de traducteur entre celui qui le porte et les personnes qui le regardent.

Unfolding FashionTech
@onomatopee

Le future c'est maintenant

Pour finir, ce livre s'avère surtout une formidable invitation à explorer et à créer des passerelles pour que la Fashion Tech grandisse et surtout s'épanouisse. C'est pourquoi grâce l'avènement de la prise de conscience environnementale par le secteur mode, les opportunités d'innovation vont se démultiplier.

Il ne reste plus qu'à les saisir ;-)

#Myfashiontech #Fashiontech

Article publié le 24 décembre 2019.

Si vous souhaitez voir directement ces projets Fashiontech, Marina a réalisé une mini-exposition jusqu'au 2 février à l'Onomatopee à Eindhoven.

 


Poétique Paris

Cattleya et Pauline : Poétique Paris

Pour ce sixième épisode, j'ai décidé d'aborder plus en détail les problèmes d'environnement et de développement durable pour le secteur textile, C'est pourquoi, j'ai voulu interroger Pauline et Cattleya, co-fondatrices de la marque Poétique Paris avec qui je partage un même bureau à Station F.

Poétique Paris : un engagement au-delà des tendances.

Au commencement, elles ont décidé de créer une marque car elles partageaient le même constat. Pour elles, la mode avait un impact négatif sur l'environnement, les animaux et les humains. Bref, il convenait d'agir pour une génération qui devenait de plus en plus responsable et engagée.

A cet égard, Poétique Paris a souhaité devenir la première maison française alternative au cuir. Ainsi, aujourd'hui, elles travaillent avec des matières innovantes comme l'alter-cuir de céréales ou bien l'apple skin qui provient de déchets de pomme. Dans cette continuité, elles collaborent également avec des ateliers éthiques et solidaires. Elles essayent de rendre concret leur vision dans leur démarche quotidienne.

Poétique Paris : une vision globale de la mode responsable.

Au niveau de la distribution, elles respectent également l'environnement en favorisant l'e-shop et en implémentant un système de pré-commande qui réduit les stocks.

Pour résumer, chaque décision est pensée afin d'avoir un impact réduit sur l'environnement. Par ailleurs, Poétique ce n'est pas uniquement une démarche mais également une esthétique proche de ce que les clientes recherchent. Cattleya souligne également que "dans la femme poétique, il existe un côté rebelle". Souvent qualifiée d'ennuyeuse la mode éthique serait-elle tout simplement en train de devenir artistique ?

Enfin, cette maison se veut un lien fort entre design, environnement et politique, assurément une marque à suivre.

 

#Myfashiontech #Fashiontech

Publié le 24 décembre 2019

Afin d'approfondir ce sujet, je vous suggère de lire l'article sur la production à la demande ici.

Enfin, pour comprendre les challenges auxquels le secteur de la mode est confronté pour devenir plus vertueux, je vous recommande d'écouter mon premier podcast avec Marie Dupin de l'agence Nelly Rodi.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2019 Myfashiontech.com


david cohen via unsplash

Comment le minimalisme peut apprendre à la mode.

Minimalisme et mode, voilà un lien qui semble plutôt illogique. Et pourtant aujourd'hui grâce à la prise de conscience environnementale il n'a jamais  autant fait sens. Ici, je ne parlerai pas d'esthétique ou de design mais plutôt de modèle économique. En effet, l'industrie du textile a été créé et développé sur le modèle de l'obsolescence programmée et le renouvellement permanent des tendances.

Dans son dernier forum de la mode Re-boot Fashion, l'Institut Français de la mode indiquait que l'an passé uniquement 8% des marques ont plaçé l'éco-responsabilité au coeur de leur priorité alors qu'aujourd'hui cet indicateur passe à 26%, voir l'article de Fashionnetwork en question ici.

Dès lors, quelle démarche convient-il aux marques et aux consommateurs d'emprunter ?

Le minimalisme ou l'art d'aller à l'essentiel.

Greg McKeown dans son essai "L'essentialisme : faire moins mais mieux ! L'art d'être réellement efficace" explique qu'au lieu de forcer l'exécution, un essentialiste investit son temps pour créer un système afin de supprimer les obstacles et faciliter la mise en oeuvre. En d'autres termes, notre société valorise l'esprit d'entreprendre notamment par le fait de l'intuition ; pour McKeown, au contraire il convient de combattre cette idée. En effet, une entreprise se doit de s'évertuer à développer un système facilitant la mise en oeuvre. Ainsi, elle se focalise sur le principal et délaisse le superficiel.

Selon Greg McKeown, un essentialiste dit OUI uniquement à 10% des opportunités qui s'offrent à lui. Et dire NON s'avère très simple dès que nous savons pourquoi nous menons un business. Cela me fait forcément penser à une marque mode comme Loom qui l'applique parfaitement. Leur mission est de "Créer des vêtements durables, qui tiennent plus longtemps et abîment moins la planète" ; ils vont même plus loin en affirmant que "Moins c'est mieux". Julia Faure la co-fondatrice m'a expliqué que comme ils avaient su définir le Pourquoi de leur marque, tout faisait sens et que dès lors il était facile de dire NON.

Un autre exemple vient du secteur alimentaire, en octobre dernier Biocoop a ouvert dans le 20ième à Paris son premier magasin anti-déchet. Dans cet établissement, vous ne trouverez pas de sac, il s'inscrit dans la "tendance" zéro déchet. Vous pouvez également acheter en vrac vos produits de beauté. Bref, tout ce que l'industrie de la mode n'a pas encore mis en place. La mode serait-elle en retard alors que d'habitude c'est elle qui fait les tendances ?

A cet égard, il est emblématique de constater que l'application Yuka a été créé pour l'industrie alimentaire en 2017 tandis que Clear Fashion vient juste de sortir en septembre dernier pour notre chère industrie de la mode (presque deux ans d'écart... Bref chacun son rythme). D'ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur le Yuka de la mode, je vous recommande d'écouter le podcast auquel j'ai participé pour Nelly Rodi.

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Le minimalisme pour une croissance maîtrisée

Avec l'avènement de la société de consommation suite à la deuxième guerre mondiale, le marketing nous a appris que "Plus c'est mieux". Et qu'une entreprise, qui réussit, devait avoir des bureaux somptueux et un nombre pléthorique d'employés. Récemment j'ai lu le livre de Paul Jarvis "Company of one" qui va à l'encontre de cette croyance. Pour lui, aujourd'hui, grâce aux outils digitaux, nous pouvons créer et développer des entreprises  unipersonnelles. Selon Paul, l'entreprise unipersonnelle questionne tout simplement la notion de croissance. Au lieu de s'interroger sur combien nous devons gagner d'argent ou générer de profit, il s'agit plutôt de s'interroger sur quel style de vie nous souhaitons. Finalement, la boîte que nous créons n'est que le reflet de ce que nous souhaitons pour soi et par extension pour les autres.

En exemple, il cite Ugmonk qui réalise des produits mode à l'esthétique minimale. En 2008, son fondateur a commencé son business en empruntant 2 000 dollars à son père pour réaliser une série de tee-shirts. Et dès qu'il a été sold-out, il a, de nouveau, produit une micro-collection. Ainsi, il a été profitable très rapidement. Par ailleurs, il a traité cette entreprise comme un projet complémentaire à son activité principale qu'il occupait la semaine. Et il gérait Ugmonk le week-end.

Qu'est-ce que cela nous apprend ?

Tout d'abord que l'on peut lancer rapidement un business pour tester et apprendre du marché. En outre, que cela ne nécessite pas forcément un investissement coûteux. Ensuite, qu'un business d'une personne peut atteindre le seuil de rentabilité hyper-rapidement et que cette croissance peut, par la suite, être réellement maîtrisée.

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Le minimalisme pour une mode collaborative

Alors se pose une autre question : vaut-il mieux une ou deux licornes françaises (entreprises valorisées à plus d'un milliard) ou plutôt une myriade de micro-entreprises qui ont su créer un business soutenable ?

Le minimalisme nous invite aussi à effectuer un autre pas de côté concernant nos convictions. C'est pourquoi, la notion même d'identité se trouve altérée. Les groupes de luxe se sont traditionnellement construit sur la singularité et l'exclusivité. Tandis que les marques de mode digitales comme Bonne Gueule ou Asphlate se sont plutôt appuyées sur la co-création avec leurs clients. Concernant ces derniers, aujourd'hui ils sont intégrés au processus créatif et de fabrication. En d'autres termes, ils sont au coeur de l'entreprise.

Or, les marques de mode traditionnelles et groupes de luxe ne l'ont pas forcément compris et risque d'être pris d'une certaine obsolescence.  Si elles souhaitent s'adapter, elles doivent passer d'une culture valorisant l'individu à une culture se positionnant sur la collaboration.

Enfin, l'éco-responsabilité implique de repositionner la notion même de croissance comme l'a suggéré Paul Jarvis. Ainsi, les groupes de luxe ne peuvent plus être uniquement valorisés sur leurs performances économiques. L'intégration dans leurs bilans d'indicateurs sociétaux et environnementaux devient plus que nécessaire. Kering a bien évidemment commencé à le réaliser avec son EP&L. Nous voyons également apparaître chez Gucci ou Chanel des nouveaux intitulés de postes comme "Directeur diversité et inclusivité". La Fédération de la Haute Couture, quant à elle, vient d'annoncer qu'elle allait mesurer son bilan carbone. Toutes ces actions vont dans le bon sens.

Cependant, nous sommes en droit de nous interroger sur le pourquoi d'une réaction si lente face aux enjeux climatiques et sociétaux par rapport à d'autres secteurs. C'est pourquoi, l'enjeu de ces prochaines années est de savoir si notre chère industrie de la mode pourra combler son retard.

Finalement, l'innovation passe surtout par la prise de risque. Et le secteur se doit d'être exemplaire mais surtout pionnier. En espérant que le minimalisme puisse l'inspirer en se focalisant sur l'essentiel :-)

Article publié le 20 décembre

#Myfashiontech #Fashiontech

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